Stratégies éditoriales à l’heure du livre électronique ou la vie algorithmique

Le ebook : Un livre comme les autres ?

Concernant la lecture sur portable, un expert défend une politique multimédia sur téléphones mobiles. De vagues conclusions à une enquête sont exprimées, mais aucune donnée n’est communiquée : SFR semble placer le livre à l’égal des autres médias disponibles sur technologie mobile (vidéos, photographies, musique) ; ce que relèvera Alban Ceio en posant plus loin la question générale : “Qu’est-ce qu’un livre électronique ? En quoi est-il différent d’un DVD et comment justifier une TVA réduite à 5,5% ?”

Renouveler les pratiques de lecture scolaire

Il abordait là aussi un point qui aurait demandé à être développé, celui des usages de l’Internet en cadre scolaire – une vision prolongée par les livres de Philippe Breton l’utopie de la communication et d’Eric SADIN La vie algorithmique et L’humanité augmentée –  : c’est le projet avorté du “cartable électronique” pour tous les élèves, lancé par le ministère de l’Éducation nationale à la rentrée 2019, qui n’a fait finalement l’objet d’aucun marché, puisque, à l’époque, aucun éditeur ne pouvait proposer de lecture en couleurs, indispensable pour la géographie notamment.

Laurent Pech abordait le progrès en termes d’ergonomie et de poids (en 2002, les Cybook en prêt à Boulogne pesaient 1 kg et nécessitaient une recharge de batterie fréquente, alors qu’un Cybook ePaper spécial lecture sur écran pèse aujourd’hui 180 g et reste très économe en énergie).

Sur ce point, D. de Coster tombait d’accord pour que le livre électronique “crée une intelligence” – “la transposition doit permettre une interaction” –, et pour ne pas se leurrer en reproduisant à l’identique la structure du papier. La démarche globale cognitive est très différente. L. Picard fit remarquer que le cartable électronique n’aurait été qu’un “PC déguisé en écran de lecture” qui aurait distrait les écoliers.